Clarisse Pitton

 

Clarisse Pitton – Co-fondatrice et CEO d’Organy

40 ans – 40 femmes * Thème: Entrepreneuriat

Qui êtes-vous en trois mots :
Trois mots ? Les gens qui me connaissent vont se demander comment je vais me limiter à trois mots …  Je dirais : creative + libre + workaholic

Quels sont les ingrédients de votre réussite :
Je ne pense pas avoir déjà réussi et c’est d’ailleurs peut être un ingrédient de la réussite. Je dirais qu’il faut toujours continuer, toujours apprendre et avancer. Ne jamais se contenter de ce que l’on a déjà fait.

Et aussi toujours se mettre à la place de la personne, le/la client(e) que votre projet vise à atteindre, comment va t-on vraiment la servir par rapport à la compétition? quelle générosité et quelle pertinence souhaite-t-on lui apporter?

Que feriez-vous différemment ?
Quelque part: rien. J’assume mes échecs, ils m’ont appris.

Mais si je pouvais parler à la Clarisse d’il y a quelques années et si je pouvais partager mon expérience, je dirais que le temps perdu n’est jamais rattrapé, et le temps c’est une chose qui passe vite, très vite. Ne jamais donc faire des choix que l’on ne « sent » pas, dans ses recrutements, ou dans le choix d’associés par exemple.

Il faut toujours imaginer le worst case scénario car si cela ne se passe déjà pas bien aux origines d’un projet, cela ne va jamais s’arranger … bien au contraire.

Aussi en tant qu’entrepreneur, il ne faut pas sous estimer la part de travail qui va être lié à l’opérationnel, ce temps là va être au dépit du temps dédié aux décisions stratégiques. Et c’est souvent ce qui nous épuise et floute notre vision.

Quel est le meilleur conseil reçu ou celui que vous donneriez ?
Mieux vaut une mauvaise décision prise tout de suite, qu’une bonne trop tard.

Attention par « mauvaise”, je nuancerai plutôt avec « pas parfaite ». Il faut avancer et le temps est l’ennemi. Le temps ce sont des ressources, d’argent, d’énergie et de disponibilité mentale. J’ai toujours tendance à réfléchir énormément avant d’agir enfin donc ce conseil me concerne particulièrement. Evidemment pour quelqu’un qui agirait trop vite, ce conseil est plutôt contreproductif.

Quel est selon vous le changement plus important qui reste à opérer pour la progression professionnelle des femmes ?
Mon avis risque de ne pas être consensuel. Je suis profondément féministe, et j’assume pleinement l’appellation. Mais justement parce que je pense que les femmes ont autant de potentiel que les hommes, j’aimerais, maintenant que les avancées légales sont réelles, que nous nous battions plutôt sur le « terrain », dans nos carrières individuelles pour obtenir les même postes plutôt que de perdre du temps dans du militantisme beaucoup plus abstrait et parfois contreproductif car il « sature » les mentalités.

En somme, le changement doit continuer à venir de nous. J’ai notamment été inspirée par des femmes comme Sheryl Sandberg, l’ex COO de Facebook et son ouvrage « Lean In ».

Aussi, collectivement, entre femmes, nous devons nous entraider via des associations comme le CWF par exemple, nous stimuler, nous pousser vers l’excellence, avec bienveillance et sans nous saboter pour que seulement une seule d’entre nous arrive au sommet.

Par l’avancée de nos carrières, notre représentation à des postes importants, la démonstration de notre potentiel équivalent à celui des hommes, nous allons enfin changer les choses de manière concrète, de l’intérieur.

Aussi, d’un point de vue plus introspectif, nous nous auto-limitons beaucoup que les hommes, et c’est à nous, à la fois individuellement et ensemble, de aussi dépasser ces croyances limitatives.

Comment le mot Entreprenariat résonne chez vous, que évoque-t-il?
Le travail, le travail, le travail, sans aucune contrepartie assurée, l’entreprenariat est un marathon. Mais aussi la liberté et l’invention.

Qu’est-ce qui a fait de vous un entrepreneur ?
Un esprit de liberté chevillé au corps, j’ai toujours voulu déconstruire pour reconstruire, j’ai toujours tout questionné. Pourquoi ? Pourquoi pas autrement ? Je n’étais pas vraiment faite pour me limiter à une job description… Mon intensité peut s’exprimer dans le milieu de l’entreprenariat. Et enfin le refus de l’impossible : j’ai souvent entendu que mon projet était impossible, que je n’y arriverais jamais. Donc j’ai essayé.

Y a-t-il une différence entre une femme entrepreneuse et un homme entrepreneur ? Si oui, laquelle ?
Oui, en moyenne:

  • La temporalité, nous pensons souvent long terme.
  • La remise en question permanente, nous avons moins confiance et nous nous auto-limitons dans les levées de fonds par exemple. Nous partageons souvent les réussîtes collectivement avec notre équipe alors que nous prenons individuellement les échecs.
  • L’aspect financier, socialement nous choisissons souvent des métiers moins “financiers” et j’ai souvent vu des entrepreneuses bloquées dans les aspects techniquement financiers à cause de cela, notamment concernant la comptabilité et les projections de business plan.

Quel est le message que vous aimeriez partager avec les femmes qui désirent démarrer leur entreprise ou simplement être plus entrepreneuriale ?
Oser, viser l’excellence et être très technique sur son projet, ne pas accepter les limitations réelles ou perçues.

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